Emilie Dumas
Peinture acrylique sur toile
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Je suis passée d’une activité de restauration de peintures à mes propres travaux.
C’est pour compenser un défaut initial que j’ai développé ma manière de faire. Il y avait dans mes premiers tableaux une sorte de vertige, de déséquilibre qui rendait l’image instable. Et c’est en m’exerçant aux lignes de fuite, et aux distorsions de l’espace représenté que j’ai progressivement trouvé mon style.
Je pratique une forme de « figuration méditative » qui n’est pas comparable à la Figuration libre (sauvage) des années 80, mais plutôt à un retour personnel et studieux au réalisme.
C’est un travail à la fois très précis contrarié par un état méditatif. Ce qui rend cet effet bizarre (instable) car je suis ma pensée qui ne tient pas compte d’une cohérence globale. Souvent je n’observe que la ligne en cours faisant abstraction du reste. Ce qui crée des aberrations sans être cependant dans un délire surréaliste. Au contraire j’introduis une sorte de vibration à l’intérieur du réalisme.
Il m’apparaît ainsi que, plus je m’exerce à saisir la vraisemblance, plus se présentent des anomalies que j’accepte et intègre à mon tableau, et qui en tissent l’âme.
J’approche, à mon humble mesure, ce que pourrait être la figuration dont parle Georges Didi Huberman à travers Fra Angelico. À savoir que le figuratif ne s’oppose pas à l’abstraction ou aux disciplines plus cérébrales des arts plastiques, mais qu’il est une projection mentale.
La pratique qui me captive cherche par le jeu des lois de la perspective, et d’abord en les trahissant, en les manquant, à décrire l’étrangeté de la condition humaine, de la conscience d’une dimension secrète. Autrement dit, c’est dans l’artisanat de la figuration que je trouve non point ma « conception » artistique, mais en quelque sorte, ma position méditative.

