* Pierre Jourda

Du 12 juillet au 23 août
tous les jours de 14h30 à 19 h
Château

Du 12 juillet au 23 août 2015, dans le cadre des Estivales Lagorre, est présentée au rez-de-chaussée du Château de Seix une exposition dédiée aux oeuvres de jeunesse (1958-1962) du peintre Pierre Jourda.

Il naît le 13 Juillet 1931 à Montesquieu-Volvestre, jolie bastide de la Haute-Garonne. De son père maçon il conservera toute sa vie et dans son œuvre, le goût du travail bien fait, puissant et charpenté. Pour s’élever vers le ciel, il faut, en effet, des murs bien dressés et des assises solides. De sa mère pieuse en même temps que pétrie  de vertus domestiques, il héritera d’un bon sens tranquille et d’une spiritualité  très vive, avec, on le découvre dans nombre de ses toiles, d’élans mystiques. Toujours les pieds fermement plantés dans la glèbe tandis que les yeux sont tournés vers d’inaccessibles étoiles : c’est tout Jourda…

A 15 ans, en 1946, il est reçu avec succès au concours d’entrée de l’École des Beaux-arts de Toulouse, puis entre à l’École des Beaux-Arts de Paris. L’enseignement des Beaux-Arts étant très traditionnel, il intègre une formation au dessin côté et à la perspective, dans une école privée rue Madame: « La grande chaumière ». Ses cours suivi à La Sorbonne lui permettent également d’étudier la période de l’art moderne qui l’intéresse (de la fin du XIXe siècle à la première moitié du XXe siècle). À Paris, il découvre les librairies, les galeries et les Musées du Louvre et d’Art Moderne où il passe de longues heures à essayer de pénétrer les secrets des grands peintres qu’il admire: Van Gogh, Cézanne, Bonnard, Odilon Redon, De Stael, Bonnard et Fernand Léger qui célébra comme lui le monde ouvrier duquel Pierre provenait.

A la fin de ce brillant cursus, il obtient les deux certificats d’aptitude à l’enseignement du dessin. Désireux de revenir dans sa région natale, il est nommé en 1963 au Lycée Pilote Bellevue de Toulouse. L’artiste consacre ses moments libres à travailler la peinture et le collage, abordant de front figuration et abstraction. Il entame aussi une série de conférences avec diapositives afin de promouvoir l’enseignement du dessin dans les écoles primaires et donne bénévolement le jeudi ses conseils aux maîtres d’école.

L’humain est de plus en plus présent dans le travail du peintre, particulièrement à travers le cyclisme et l’athlétisme. En 1966, Pierre Jourda épouse Andrée Roumagnou, l’une de ses élèves préférées, qui sera son épouse, sa muse, son assistante… ô combien importante dans la vie de cet homme et qui l’accompagnera jusqu’à la fin de sa vie. Le couple vit à Toulouse, puis à Colomiers et enfin à Brax.

L’année 1968 est exempte de toute création pour lui qui participe comme beaucoup aux évènements de Mai 68 et note ironiquement dans un de ses cahiers d’inventaire : « 1968 – Année sans tâche ou Année sans tache ».

Dans les années 1970, il renoue avec la technique du collage, travaillée à la fin des années 1950 et abandonnée au début des années 1960. D’abord sur toile, ensuite sur papier, ses œuvres sont constituées de coupures de journaux : photographies et textes qui ne manquent pas d’interpeller par la justesse de ses créations.

À partir de cette époque, alors qu’il signe très rarement ses œuvres mais les date régulièrement, Pierre Jourda dresse un inventaire de ses tableaux et les numérote systématiquement, ce qui permettra d’établir plus tard un répertoire qui regroupe la totalité de l’œuvre importante de ce peintre atypique; il commence par la toile n° 0 Autoportrait en noir et blanc.

De 1975 jusqu’en juin 1983, il abandonne toute forme de production et note dans l’un de ses cahiers d’inventaire : « Départ de Brax pour… l’épreuve. » Il se consacre entièrement à la rénovation de la maison qu’il vient d’acquérir à Saint-Paul de Jarrat en Ariège et à sa profession d’enseignant à Foix, au Lycée jusqu’en 1980 et au Collège Lakanal jusqu’en 1991. Après plus de neuf années écoulées sans peindre, l’artiste note dans un de ses cahiers : « Coucou me revoilà ! En plein Harrar…iège » – faisant allusion à Arthur Rimbaud, poète qu’il affectionne – « Est-ce possible de re-nouer avec le « festin » ancien ? » Il ne produira pourtant que quelques toiles durant les deux années suivantes.

L’année 1985 marque une transition dans l’art de Pierre Jourda. Il s’engage avec rigueur et minutie dans une peinture symbolique qu’il travaille jusqu’en 2007. Son dernier tableau s’intitule « La vérité ». Il décède entouré des siens le 20 mai 2007.

Durant sa vie d’ idéaliste ce contestataire a laissé une trace avec ses créations des évènements de son temps dont il se fait le témoin indigné: l’écologie, les tortures, les excès de la société de consommation, les atteintes à l’environnement, les colonisations, l’impérialisme, les dictatures…

Il a peu exposé de son vivant, mais grâce à un travail acharné, a laissé une importante collection de tableaux, collages, sculptures et dessins qui retracent une vie de recherches et d’incertitudes .

Site de Pierre Jourda : http://pierrejourda.fr/